Bonjour à toi, cette fois c’est Rose qui écrit le Carnet de bord !
Je suis émue de te partager la vie de ce nouveau chapitre qui est en train de s’écrire à la ferme. Étant la deuxième fille de Charles, le lien à la ferme se tisse depuis mes 4 ans. J’y ai chatouillé mes premiers vers de terre, si étonnée qu’on les appelle ici nos “amis”, élevé des escargots, développé une passion des limaces – oui, tout ça est très visqueux -, assisté avec grand intérêt la ponte d’un oeuf de poule en direct et observé ce que j’appelais le “spectacle des oiseaux” virevoltants au soleil couchant. Un pied chez ma mère en région parisienne et l’autre ici, cette balance a façonné mon désir de prendre soin des paysages, quels qu’ils soient. Aujourd’hui je suis paysagiste, ce dont je rêve d’être depuis mes 15 ans après la découverte de ce métier à la ferme. Il regroupe tout ce que j’aime : créer, apprendre continuellement, mais surtout faire concrètement du bien à l’environnement et aux humains. Je me sens tellement chanceuse d’avoir pu suivre des formations à la ferme, si déterminantes dans ce qui m’anime depuis : les paysages comestibles.
C’est pour cela, et je m’arrête bientôt de parler de moi, qu’après mon passage aux Beaux-Arts et à l’Ecole de Paysage de Versaille-Marseille, un travail en agence à Montpellier, la vie m’a ramenée vers mes racines normandes, et j’ai décidé de le voir comme un cadeau. A mon tour, j’ai envie d’apporter à la ferme et à mon père ce que j’ai appris, de les remercier comme je peux, et surtout d’accompagner Lila et l’équipe dans la poursuite de leurs engagements. Gratitude pour cette ferme qui grouille de vie : cet été, je comptais une vingtaine d’espèces d’oiseaux en la traversant. Cela ne fait que de me donner envie de crier : davantage de fermes comme celle-là, partout !




Réinventer l’agriculture : explorer, agir, partager
Mon rôle à la ferme ? J’ai pris en janvier dernier, avec le plus grand plaisir, la coordination des programmes de recherche. Mes stages sur les sols, l’hydrologie régénérative, la faune avec la LPO, mon mémoire sur les systèmes d’irrigation, mon projet de fin d’étude sur la pollution des sols… m’ont préparée à cette responsabilité. Comprendre que des liens invisibles entre chaque élément tissent le paysage a éveillé en moi une profonde soif d’apprendre.
Trois projets sont déjà en cours depuis bien des années : l’étude de la mini forêt-jardin, les céréales jardinées et les jardins de bois. Les recherches-actions que nous souhaitons lancer en 2026, pour 10 années au-moins, traiteront de l’étude de la biodiversité, de la santé des cultures et des évolutions climatiques, thématiques essentielles à la pérennité des fermes. Si tu veux en savoir plus, tu peux lire le dossier de présentation ici. Nous avons besoin de partenaires et recherchons activement des mécènes, avis aux amateur·ices !


Franziska termine son Master à l’Université d’agronomie de Wageningen. Depuis 3 mois, elle réalise une superbe carte de la ferme, avec une précision qui nous scotche tous·tes ! Les 3000 arbres et arbustes présents sur les 5 hectares ont été analysés selon leur état sanitaire, leur période de récolte, etc. Merci à elle pour sa rigueur, ce travail constituera une base précieuse pour nos recherches ! Les différentes couches de la carte et des analyses statistiques intègreront son mémoire, publié sur notre site internet en janvier.


Pour rendre accessibles au plus grand nombre les résultats significatifs des études menées à la ferme depuis 15 ans, je démarre une petite chronique de vulgarisation dessinée. Il me tient à coeur de partager de manière simple, concrète et visuelle, les données scientifiques recueillies à la ferme, qui peuvent encourager chacun·e à adopter des pratiques agricoles plus vertueuses et durables. La première chronique est consacrée au stockage de carbone dans les sols — un sujet clé de la transition agricole. C’est un travail en cours, voici quelques esquisses. Tu découvriras bientôt la chronique terminée !

Rêver ensemble !
Nous avons accueilli il y a quelques jours le conseil d’administration de notre Institut de la Ferme du Bec Hellouin, l’association à but non lucratif qui pilote nos programmes de recherche et activités d’essaimage. Des ami·es de longue date de la ferme, si généreux·ses en conseils et enthousiasmé·es par le réveil que nous opérons avec l’équipe. Cela nous motive beaucoup, et nous mettons tout en œuvre pour continuer d’être un laboratoire d’expérimentations de la vie paysanne, radical et sensible, afin d’aider un maximum de gens à adopter un mode de vie plus résilient. Nous rêvons grand, et choisissons de partager notre optimisme !



Les couleurs chaudes de l’automne
L’automne nous offre toujours ses belles couleurs, sa brume tonifiante, des rayons de soleil tellement appréciables et ces moments de convivialité au coin du feu.



Chaque jour on apprend !
Nous entrons dans les mois d’hiver, davantage centrés sur l’entretien avec, par exemple, la réparation de l’éolienne et des bacs en bois dans la serre. Lou a forgé des ferrures pour sa belle charpente réalisée à la hache, érigée au-dessus du pressoir à longue étreinte daté de 1816. Nous avons poursuivi la fabrication du cidre, semé des céréales avec un semoir du 19ème siècle, utilisé le tarare pour vanner le blé, paillé les cultures et les arbres fruitiers avec le fumier…




Des sourires à la ferme
Quel bonheur de retrouver nos ami·es de l’équipe tous les jours ! Chaque personne ajoute sa couleur à notre arc-en-ciel, qui évolue toujours, en quête de son harmonie idéale. Chaque talent se déploie de jour en jour, c’est beau d’explorer ensemble !


Nous nous nourrissons toujours des rencontres, avec l’accueil des membres du Camping des Sablons que nous accompagnons avec Charles, les étudiant·es de l’école d’architecture de Belleville, Jean-Luc qui est un agronome impliqué dans le développement de l’agroforesterie en Tanzanie et sa femme Lydia, ainsi que Joseph, paysan-chercheur au Togo avec l’équipe d’Horizons Solidaires. Nous soignons aussi nos liens avec la communauté locale. Nous avons participé à la Fête de l’automne au Moulin de Livet et à une visite aux Jardins de la Mésangère non loin d’ici.
Résilience en action : savoirs et pratiques pour un futur désirable




Résilience en action : savoirs et pratiques pour un futur désirable
Si tu souhaites te former sur des sujets variés liés à l’autonomie, regarde les formations courtes que nous proposons en 2026. Elles porteront sur la charpente paysanne, la traction animale paysanne, l’artisanat du bois, l’initiation à la médecine des plantes, la cuisine vivante et les plantes sauvages comestibles et le micro-fournil au levain naturel. Les intervenant·es sont des praticiens·nes, expert·es dans leur domaine. Ces stages sont aussi l’occasion de s’immerger quelques jours dans la ferme pour se nourrir de tous les savoir-faire développés ici.
Il reste aussi des places pour la formation Microfermes et Forêts-jardins. Tu y apprendras la conception d’un lieu autonome et résilient, avec la découverte des nombreuses pratiques qui y sont liées comme l’autonomie énergétique, l’entretien des arbres fruitiers, les céréales jardinées, la production de semences, l’intégration des animaux, etc. Cette formation est centrée sur le design permaculturel d’un lieu et les projets portés par les stagiaires sont étudiés en profondeur. Il est bien évidemment possible d’y participer si l’on n’a pas encore de lieu, la formation propose des clés afin de choisir l’endroit qui répond au mieux à ses aspirations. Elle constitue un CCP (Cours de Conception en Permaculture), et une attestation de formation te sera remise à l’issue du cursus. Un premier pas vers un changement d’orientation professionnelle pour de nombreux·ses stagiaires.
Pour t’inscrire aux formations : Inscriptions – Ferme biologique du Bec Hellouin.



Un immense merci du fond de nos cœurs !
Enfin, nous tenons à vous remercier pour la générosité de vos dons et messages de soutien sur la cagnotte en ligne. Plus de 400 personnes ont répondu à notre appel suite à la grêle qui a endommagé plusieurs de nos bâtiments. Nous allons organiser une journée d’accueil à la ferme pour échanger avec ces donateur·rices, afin de vous témoigner toute notre reconnaissance. Vous nous encouragez tellement !


Bientôt un livre sur les outils !
Charles a commencé en novembre la rédaction d’un nouveau livre dans lequel il transmet toute sa passion pour les outils manuels. Il traite des outils de l’autonomie utilisés pour divers types d’artisanat, pour les jardins et les fermes. Vous y rencontrerez Lou et Loïc, nos amis qui ont reconstruit la charpente de la nef de Notre-Dame de Paris, ainsi que d’autres amis artisanes et artisans. Les premières photos d’Anaïs Barelli sont superbes ! La parution est prévue à l’automne 2026 chez ULMER.




Regardons les plantes comme nos grandes sœurs !
La grêle, les inondations de cet été, mais surtout la force et l’intelligence de la biodiversité devraient sans cesse nous rappeler à une humilité immense face aux paysages. Humilité, humus, humain, nous sommes tous·tes de la même famille ! Ami·e de la Terre, je t’invite à la lecture du livre étonnant de Jean Thoby, Le chant secret des plantes. Pépiniériste, il écoute les vibrations émises par ses cultures grâce à des boîtiers spécifiques. Il raconte combien les plantes sont sensibles aux énergies et même aux sons. Leurs vibrations témoignent d’un dialogue curieux avec le monde, guidé par une quête d’harmonie. Regardons les plantes comme nos grandes sœurs !
Un reportage récent d’Arte décrit comment certains animaux et plantes arborent des couleurs fluorescentes que notre spectre des couleurs ne nous permet pas de voir. Quel monde magique et pourtant nous le connaissons si peu, nous ne voyons et n’entendons qu’une infime partie de sa beauté ! Prenons soin de chaque autre vivant sans qui nous ne serons rien ! Apprenons d’eux, émerveillons-nous d’eux avec la même surprise que lorsque nous étions enfant ! Je te souhaite plein de bonheur et d’émerveillements !
