Auteur/autrice : oxygene

  • Danser sous l’orage

    Danser sous l’orage

    Le 25 juin à 20 h 50, la ferme a soudainement été frappée par un très violent orage de grêle.
    La rivière fumait sous l’impact de grêlons de 3 centimètres de diamètre qui hachaient la végétation, le vent tordait les arbres et arrachait les tuiles. Un spectacle qui évoquait les cyclones tropicaux, en plus bref heureusement. Mais ces quelques minutes ont suffi à métamorphoser la ferme.


    La pluie a relancé l’inondation qui commençait à se résorber. Notre ferme étant située dans un fond de vallée, nous notons que la fréquence de ces inondations ne cesse de croître : c’est la troisième de l’année, noyant notre meilleur champ dont les cultures sont à nouveau détruites. Nos petits champs de céréales sont quasiment anéantis. Nos serres ont tenu bon, grâce aux nombreux arbres qui les entourent probablement. D’autres agriculteurs proches ont souffert bien plus que nous.


    Pour paraphraser l’écrivain Gabriel Garcia Marquez, ces phénomènes sont la « chronique de désastres annoncés ». J’ai un sentiment mêlé : une part de colère et d’incompréhension devant l’inertie gouvernementale – et sociétale en général – qui néglige tant la lutte contre les changements climatiques. Mais aussi le désir de mettre à profit ces turbulences pour tester l’adaptabilité de la ferme aux épisodes extrêmes. C’est du reste le thème de l’un des programmes de recherches que nous sommes en train de lancer : comment la ferme est-elle affectée par les changements climatiques, et quelles solutions pouvons-nous trouver ?


    Nous sommes persuadés qu’il ne sert à rien de lutter contre les forces de la nature, mais qu’il est plus pertinent d’apprendre à « danser sous les orages », comme le suggérait un auteur antique dont j’avoue avoir oublié le nom. La ferme est régulièrement inondée ? Et bien accueillons cette eau et acceptons qu’une partie du territoire redevienne une zone humide, elles sont détruites un peu partout bien qu’elles soient tellement précieuses pour leur capacité à séquestrer du carbone et accueillir la biodiversité ! Nous apprenons donc à cultiver l’adaptabilité et nous sommes en train de revoir notre design.


    Charles

    Le champ de l’étang

    Ce petit champ cultivé en traction animale bénéficie de la meilleure terre de la ferme. Mais il a été inondé 5 fois au cours des dernières années, nous renonçons donc à le cultiver. Tout en réfléchissant à un aménagement pertinent. Le pré-verger adjacent est lui aussi régulièrement sous l’eau.

    Solidarité

    Nous remercions celles et ceux qui nous ont adressé des messages d’amitié ! Et notamment nos merveilleux·ses stagiaires qui ont œuvré pour que la ferme redevienne rapidement accueillante !

    Se former à la ferme

    Nos formations 2025 nous permettent de retrouver tous les mois nos stagiaires et l’équipe d’animation. Beaucoup nous disent qu’ils ont l’impression de revenir à la maison, on se connaît bien maintenant et l’ambiance est exceptionnelle. C’est une joie et une fierté de voir ces groupes si motivés apprendre et partager, dans un climat de joie et de bienveillance.
    Les formations 2026 sont en ligne, n’hésitez pas à vous inscrire si l’aventure vous tente ! Elles se remplissent bien, si vous êtes motivé·e n’attendez pas qu’elles soient complètes !

    Hommage à la Terre Mère

    Nous explorons les liens entre l’art et l’agriculture. Cela fait partie des orientations que l’équipe souhaite donner à la ferme : tendre vers une agriculture « sensible et radicale » ! Les solutions aux crises contemporaines ne seront pas que technologiques. Nous avons besoin de revisiter en profondeur notre relation au vivant. Notre amie plasticienne Carmen Boyer réalise depuis 3 ans une « résidence artistique » autour de la mini forêt-jardin. Elle a réalisé des œuvres en utilisant des teintures végétales, autour du thème de la déesse Terre, en s’inspirant de statues et représentations féminines préhistoriques.

    Portes ouvertes… sur le monde !

    Nous organisons chaque vendredi après-midi un marché à la ferme, qui accueille également les visiteurs.  Et une fois par mois, grande opération Portes ouvertes ! Des amie.es contribuent aux succès de ces journées en exposant leurs créations : Morgane la vannière, Justine la boulangère, Blandine la sculptrice sur bois, Carmen déjà évoquée, Martine la naturopathe, sans oublier Yannis responsable de la zone Natura 2000… Je suis tellement touché de rencontrer tant de personnes venues du monde entier : Suisse, Allemagne, Luxembourg, Belgique, mais également Côte d’Ivoire, Colombie et même Corée ! Les messages reçus sont si chaleureux, cela nous permet de réaliser à quel point les travaux conduits au Bec Hellouin touchent de nombreuses personnes sur tous les continents. Raison de plus pour persévérer, même si le financement de nos programmes de recherches est difficile à pérenniser.

    Les prochaines Portes ouvertes auront lieu le 5 et le 18 juillet.

    Des visites, encore et toujours !

    La ferme accueille une biodiversité importante et les inventaires naturalistes reprennent, dans le cadre d’un nouveau programme de recherches portant sur le lien entre biodiversité et santé des cultures. Ces derniers jours une vingtaine de cigognes fréquentent la ferme, pour la première fois, une source d’émerveillement !

    Nous recherchons des volontaires en service civique…

    Nous sommes si heureux d’accueillir actuellement 3 jeunes en service civique. Ils contribuent tellement à la vie de la ferme, en particulier aux programmes de recherches, tout en acquérant de nombreuses compétences. Voici le témoignage de Line (à gauche sur la photo, en compagnie de Swan et de Mathilde, qui gère la ferme). Line réalise son stage de master 2 de Sciences Po, doublé de son engagement en service civique.

    « Cela fait déjà 6 mois pour moi à la Ferme du Bec Hellouin, l’endroit où je suis restée le plus longtemps jusqu’à présent (dans ma petite vie d’adulte). Et pourquoi ? La vie y est très douce. Pendant ce service civique, j’ai pu tisser des liens très profonds avec une merveilleuse équipe, bienveillante et engagée. J’ai beaucoup appris, sur le maraîchage bien sûr, mais aussi sur les plantes, la cuisine, le travail du bois, la biodiversité… et puis beaucoup sur moi et sur la vie. Je me languis déjà de ce lieu dans lequel il ne me reste que deux petits mois… J’ai été absolument ravie de pouvoir vivre plusieurs saisons ici, de rester assez longtemps pour voir évoluer les jardins, les plantes, les cultures, assez longtemps pour manger des courges en janvier et des tomates en juillet.

    La ferme est un grand morceau de bonheur. Lilliam, Lila, Mathilde, Rose, Charles et toute l’équipe sont d’une douceur et d’un amour absolu. Je ne peux que recommander à celleux qui souhaitent s’engager de faire leur service civique ici. D’apprendre ensemble, de s’y nourrir et d’aider à porter ce projet qui a besoin de jeunes motivé.e.s pour construire collectivement un monde meilleur. »

    …Et des jeunes en formation agricole !

    Nous recherchons également des jeunes en formation agricole, naturaliste ou de transition écologique. Voici le témoignage de Noémie, qui vient de nous quitter non sans quelques larmes !

    « Mon stage d’un mois à la Ferme du Bec Hellouin a été une expérience d’une grande richesse autant sur le plan des connaissances que des relations humaines. A travers cette aventure de terrain concrète j’ai pu m’immerger dans le monde agricole pour mieux comprendre les enjeux liés à ces questions tout en découvrant des pratiques durables et respectueuses de la terre. Les activités étaient diverses : repiquage, désherbage, semis, récoltes, fauchage, mise en place du stand de maraîchage, menuiserie… Chaque jour à la ferme porte un visage nouveau ! Les moments que j’y ai vécus étaient remplis d’humanité, de bienveillance et d’apprentissages. Je garderai un souvenir fleuri de cette étape de vie qui m’a permis de savoir que je souhaite entretenir un lien profond avec le monde agricole. »

    Abondance du vendredi

    Les ventes du vendredi ont repris. Nous sommes plein·e·s de gratitude de retrouver nos client·e·s, certain·e·s fidèles depuis 20 ans ! Ces dernières années, la production était essentiellement destinées à l’autoconsommation, aux stagiaires en formation et le surplus était donné aux Resto du Cœur. Quelle joie de nourrir à nouveau la communauté locale ! Nous continuerons naturellement à donner les surplus aux associations caritatives et nous transformerons ce qui peut l’être pour vous proposer confitures, pickles, tartinables, compotes et soupes. Restez à l’affût !

    Rendez-vous tous les vendredis, de 15h à 19h en juillet, août et de 16h à 19h à partir de septembre.

  • Des fleurs par millions

    Quand j’étais plus jeune, j’ai eu l’immense bonheur de partager la vie des Amérindiens en Guyane. Une partie de mon cœur est resté là-bas. J’ai la nostalgie de la forêt, de la douce vie des Indiens.

    Lorsque nous avons créé la Ferme du Bec Hellouin en 2003, mon rêve était de vivre comme mes amis Amérindiens dans notre vallée normande. L’esprit des peuples premiers : un respect absolu de la Terre Mère !

    Ce n’est pas l’Amazonie ici, mais nous avons planté des arbres fruitiers par milliers – je ne sais pas exactement combien, entre 5 et 7 000. Un jour un ami très cher, Marc Grollimund, m’a dit : « Ta ferme est en train de se recouvrir d’une canopée fruitière, avec de-ci de-là des clairières pour les légumes, les céréales ». Ces mots ont profondément résonné dans mon cœur. Ils ont créé une connexion avec la forêt maternelle des Indiens. Une petite forêt nourricière prend forme dans notre vallée !

    Depuis 2011 nous conduisons de nombreux programmes de recherches dans la ferme et les résultats confirment cette intuition : un paysage agricole complexe, dominé par les arbres, avec une gestion fine de l’eau, associant végétation pérenne, plantes annuelles cultivées et animaux, est probablement LA clé pour sauver l’agriculture dans un monde post-pétrole, malmené par les changements climatiques. J’adore quand la science valide les intuitions et la sagesse des anciens !

    Nous allons lancer de nouveaux programmes de recherches pour étudier les impacts de cette forêt nourricière sur la biodiversité et le climat. Mais en attendant nous sommes transportés par la floraison des premiers fruitiers, annonçant le printemps. Les abricotiers, pêchers et pruniers ouvrent le bal, jusque dans la serre, offrant des millions de petits points roses ou blancs. Ils nous rappellent ce que les peuples racines n’ont pas oublié : la beauté est aussi une nourriture !

    Dream team

    Pour les Amérindiens, les humain.es sont les gardien.nes de la Terre. Nous avons une responsabilité : veiller avec amour sur ce jardin dans les étoiles qui nous accueille !

    Je suis rempli de gratitude pour l’équipe qui gère la ferme, avec tant de conscience et d’ouverture du cœur. Voici deux photos de l’équipe… Sur la photo « sage », de droite à gauche : Line, en service civique, travaille sur les liens entre les courants spirituels et écologiques ; Lilliam, responsable des jardins et de l’équipe, et sa fille Malia ; derrière elle : Clémence, maraîchère en devenir, en stage pour 3 mois ; à sa gauche : Mathilde, qui nous rejoint pour prendre la responsabilité de la gestion de la ferme et du développement des projets. En pull orange ma fille Rose, paysagiste, en escale au Bec pour quelques mois, qui va coordonner les programmes de recherches.

    Il manque sur cette photo Lila, mon aînée, qui gère la communication, les relations publiques et mille autres choses liées à la cuisine, l’accueil, l’avenir de notre petite entreprise ; Alexandra, la bonne fée responsable de la propreté des locaux ; Jean-Claude, en charge depuis 18 ans de l’entretien de la ferme et du bâti… et moi qui cherche à transmettre la ferme à cette magnifique équipe !

    Formation en traction animale

    Et puisque l’on parle de transmission, en voici une illustration : l’équipe se forme à la traction animale, une passion pour certaines, notamment Mathilde, cavalière émérite ! Quel bonheur ces sessions ! Swan et moi travaillons en duo depuis des années ; notre timide jument apprend maintenant à se laisser mener par de nouvelles mains. Il y a un peu d’appréhension de part et d’autre, mais Swan épate l’équipe par sa précision et son envie de bien faire. Quant à l’ânesse Alice, elle fait partie de la famille depuis la création de la ferme et atteint l’âge de la retraite, mais pas question de rester au pré pendant que les jeunes s’amusent !

    Cette nouvelle équipe permet de remettre en culture des surfaces plus importantes. Un nouveau champ de 2 500 m2 de traction animale est préparé en plus des parcelles déjà cultivées en légumes et céréales.

    Formation Microfermes et forêts-jardins

    La première session nous a permis d’accueillir une équipe ultra motivée – une dizaine de stagiaires participe du reste à nos deux cursus. Ce stage de mars a été dédié à la plantation et à la taille des fruitiers, lors d’une journée animée par notre pépiniériste préféré Julien Mercher, des pépinières Lecuyer, en Seine Maritime depuis 1852 (les pépinières, pas Julien !). Nous avons également pris soin de la mini forêt-jardin et semé à la volée des blés barbus de printemps. La traditionnelle soirée festive du vendredi fut l’occasion de partager les spécialités des régions et pays des participant.es, autour du buffet préparé par Lila, avant de danser… pas vraiment jusqu’au bout de la nuit, les journées sont intenses !

    Voici une note de Bruno sur le groupe WhatsApp de la formation Jardinier-maraîcher, qui donne une idée de l’ambiance des sessions.

    « Petite déclaration d’amour… Je suis si content de faire cette formation au Bec avec Charles et son équipe. La bienveillance caractérise l’ensemble des participants de notre première rencontre. Que de bonheur de lire « Vivre avec la Terre ». C’est un chef d’œuvre, un concentré de science et de poésie. Il fait du bien, pose les sujets et donne une direction, un nouveau sens à la vie… De nouvelles perspectives pour nous ouvrir sur de potentiels nouveaux départs. Cette expérience, ce rayon de sagesse est une chance pour les participants. »

    Les droits des femmes au Bec Hellouin

    Lila et Line ont honoré les paysannes lors de la Journée Mondiale des Droits des Femmes en réalisant de grands panneaux aux textes forts. Une belle manière de rappeler que les femmes produisent la majeure partie de la nourriture produite dans le monde, travaillent davantage que les hommes mais ne possèdent qu’une infime fraction de la richesse mondiale. Les hommes émettent 41 % de gaz à effet de serre de plus que les femmes, celles-ci restent pourtant les premières victimes des dérèglements climatiques.

    Les jardins de bois

    Vivre au cœur d’une microferme est une tentative de trouver des solutions à (presque) tous les problèmes du monde contemporain ! Voyons large, sky is the limit !

    Une ferme-forêt produit de la nourriture, et potentiellement bien d’autres choses encore. Pourquoi pas du bois-énergie ? ? Nous testons les jardins de bois, un taillis recépé et fertilisé qui donnerait, selon un livre norvégien, 5 fois plus de bois qu’une forêt classique.
    Nous avons planté 3 jardins de bois. Le premier, celui que visite Lilliam sur les photos, planté il y a tout juste 4 ans, a été soigneusement fertilisé et paillé avec du fumier. La croissance des arbres est impressionnante et il n’y a quasiment aucune perte. Le second, en lisière de la forêt, n’a pas été fertilisé faute de temps. Il pousse beaucoup plus lentement et nous avons perdu un grand nombre d’arbres lors de la sécheresse de 2023. Le troisième, constitué de châtaigniers, est encore très jeune.

    Pour en savoir plus, lisez nos rapports scientifiques annuels, en ligne sur notre site www.fermedubec.com.

    Lancement des nouveaux programmes de recherches

    Nous consultons actuellement nombre de scientifiques, naturalistes, climatologues, afin de préciser les nouveaux programmes. Je vous en dirai plus dans un prochain carnet de bord.

    Manon a relevé un nouveau plan de la ferme, dont voici une version en couleurs. Il est destiné à identifier chaque parcelle, ce qui permettra de les décrire et de situer les observations naturalistes. Je ne savais même pas combien de micro-parcelles existent à la ferme (jardins, prés-vergers, forêts-jardins…), mais le précieux travail de Manon nous a révélé que les 4 herbages initiaux, d’une superficie de 5 hectares, ont été divisés en 50 parcelles d’une superficie moyenne de 1 000 m2 ! La diversité et la complexité d’une ferme ne signifient pas complications, mais bien au contraire résilience et durabilité car elles permettent l’expression de nombreux services écosystémiques ! Cette notion sera au cœur des futurs programmes de recherches.

    La ferme à vue d’oiseau

    Rose n’a pas oublié ses années aux Beaux Arts : elle a dédié plusieurs semaines à dessiner une vue aérienne de la ferme, très précise bien qu’il s’agisse d’une vue d’artiste. Ce magnifique plan est destiné à illustrer les supports pédagogiques que nous sommes en train de créer en vue des portes ouvertes.

    Première journée Portes ouvertes le 26 avril !

    Cela fait bien des années que la ferme n’était plus ouverte au public. La nouvelle dynamique qui se met en place nous permet d’accueillir à nouveau, 8 dates sont prévues cette année. Rejoignez-nous ! Découvrez la ferme, visitez la boutique où seront proposés les productions de la ferme, livres, objets artisanaux créés par l’équipe ainsi que les illustrations originales de Vivre avec la Terre (le troisième tome vient de paraître en Anglais). Je proposerai une conférence à 15 h et serai à votre disposition pour échanger sur vos projets. Les fonds récoltés seront destinés à financer les programmes de recherches. On a besoin de vous, venez nombreux !

    Nouveaux guides Résiliences : découvrez les plantes aromatiques avec Pauline !

    Quel bonheur de vous présenter le livre de Pauline de Voghel, une grande amie de la ferme depuis bien des années ! Nutritionniste et jardinière émérite, Pauline vous partage dans ce nouveau-né de notre collection Résiliences (ULMER) sa passion pour les plantes aromatiques. Découvrez leurs vertus, apprenez à les cultiver et à les cuisiner. Un très beau livre, indispensable dans toutes les bibliothèques de celles et ceux qui aiment la terre et la cuisine ! Avec en prime le parfum de la bonne humeur de Pauline qui transparaît à chaque page !

    Cuisiner les plantes sauvages des chemins

    Titiane Haton est une grande amie de la ferme, de Lila tout particulièrement. Dans son dernier livre, tout juste publié dans notre collection Résiliences (ULMER), Titiane nous invite à de savoureuses promenades à la découverte de l’ail des vignes, de l’armoise des frères Verlot, du mélilot jaune, de la vergerette du Canada et bien d’autres encore. Et comme si le livre n’était pas déjà assez savoureux comme cela, les photos d’une autre amie, Flavia Sistiaga, en font un petit bijou ! Mon rêve se réalise : créer des guides pratiques qui invitent à une transition heureuse, agréables à lire, ultra documentés, en papier recyclé et avec une compensation carbone, tout en étant beaux comme des livres d’arts !

    Créer un jardin vivant

    En ce beau printemps sort un livre que nous sommes très fiers de publier dans Résiliences : Créer un jardin vivant, de Sabine Couvent. Découvrez comment accueillir la biodiversité dans votre jardin ou votre ferme : oiseaux, mais aussi mammifères ou amphibiens… Naturaliste, agricultrice, Sabine est fortement engagée en faveur de la biodiversité au sein du monde rural. Elle a créé l’association L’Hirondelle aux Champs dans ce but. Ce guide est une petite merveille, ses textes clairs et si bien documentés sont appuyés par de magnifiques illustrations.

    Retrouvons-nous au Festival du jardin !

    Le Salon du jardin se tient devant l’abbaye, au cœur de notre village classé parmi les Plus Beaux Villages de France. Venez nombreux.ses découvrir ce festival, ses exposants de qualité et notre belle vallée ! Lilliam, Mathilde, Lila, Rose et moi tiendrons le stand de la ferme. A bientôt !

    Du côté de l’atelier

    Nous travaillons exclusivement des bois issus de la ferme ou de notre territoire proche. Une branche de bouleau ou de cerisier, un hêtre mort sur pied ou une coupe de noyer se transforment en créations insolites. L’atelier est un havre de paix. Nous l’avons construit nous-mêmes à la hache, au bord de la rivière du Bec. Nous y trouvons tant de bonheur !

  • Ecologie poétique

    Carnet de bord – Février 2025

    Ecolo depuis 50 ans, je suis abasourdi par les dernières nouvelles du monde. Trump, Poutine et d’autres dirigeants parmi les plus puissants prennent des décisions qui risquent d’entraîner une troisième guerre mondiale, tout en désertant la lutte contre le réchauffement climatique. Lorsque notre gouvernement retient désormais un réchauffement à plus 4°C d’ici 2100 comme l’hypothèse probable pour son plan d’adaptation de la France aux changements climatiques cela passe presque inaperçu – a-t-on oublié qu’il y a peu les scientifiques envisageaient qu’une telle hausse risquerait de rendre la planète largement inhabitable pour les humains ? Sans parler de la dernière loi d’orientation agricole, si dommageable pour l’agriculture bio et l’environnement…

    Céder à la déprime serait pourtant la dernière chose à faire ! La tourmente géopolitique dans laquelle les dernières élections aux Etats-Unis plongent le monde peut donner un sentiment d’impuissance, mais nous pouvons également y voir une invitation à réagir, à enclencher la vitesse supérieure dans nos engagements individuels et communautaires. Les états se défilent ? A nous, simples citoyens, de prendre la responsabilité de notre devenir commun ! Quand l’écologie politique recule, il nous reste l’écologie poétique et nos rêves d’harmonie !

    Une microferme peut être un lieu tellement heureux, tellement vivant et réjouissant ! Nous l’expérimentons jour après jour au Bec Hellouin. Si nous étions des millions à créer une microferme, même grande comme un jardinet de banlieue, nous sauverions le monde ! Conduire des programmes de recherches, accueillir, former, nourrir, dans notre petite ferme nous essayons de concilier épanouissement personnel et engagement pour la Vie. Sky is the limit !

    Résiliences a 3 ans !

    Permettez-moi une confidence… Le 24 février 2022 j’ai été réveillé vers 5 heures par un cauchemar : des soldats massacraient des civils à la kalachnikov. Une heure plus tard la radio annonçait l’attaque russe contre l’Ukraine… C’était aussi le jour du lancement de notre collection Résiliences. J’y ai vu un signe : de la résistance à la résilience, il n’y a qu’un pas. Il nous incombe de choisir le monde dans lequel nous voulons vivre, nous et nos enfants.

    Résiliences est une collection résolument optimiste composée de 36 guides pratiques à ce jour. Ils proposent des connaissances et savoir-faire pour transformer positivement son existence et apprendre à vivre avec une seule planète. Cette collection est née de la rencontre avec les éditions Ulmer, où Lila travaillait comme éditrice. Une formidable équipe anime ce projet éditorial avec passion et exigence. Nos livres sont imprimés sur papier recyclé et bénéficient d’une compensation carbone. Leurs jolies couvertures égayent les bibliothèques des passionnés de nature. 3 nouveaux titres sortent en cette fin de mois, je vous les présenterai dans le prochain Carnet de bord !

    Nouveaux programmes de recherches

    Nos petits cerveaux sont en pleine ébullition depuis quelques semaines : le contexte international nous invite à lancer les nouveaux programmes de recherches qui maturaient depuis plusieurs années ! Notre ferme (site de la vallée) couvre 5 hectares qui étaient à l’origine de simples herbages et qui sont devenus un paysage complexe, comprenant des dizaines de milieux différents, largement recouverts d’arbres. Nous désirons étudier les effets de ces aménagements sur la biodiversité et sur le climat, ainsi que sur la santé, la productivité et la résilience de nos productions agricoles. Nous espérons démontrer qu’un paysage agraire renaturé, dominé par les arbres et une végétation pérenne, permet l’expression des services écosystémiques et que ceux-ci sont profondément bénéfiques à l’agriculture. Pour ce faire, notre équipe, renforcée de plusieurs jeunes stagiaires en étude d’agronomie, consulte des scientifiques de diverses disciplines, noue des partenariats et… cherche des budgets ! (si vous pouvez nous épauler, n’hésitez pas !).

    Il y a là de quoi nous occuper pendant une dizaine d’années, en sus de nos programmes au long cours !

    Premier effet visible de ces nouvelles études : une station météo a été installée ce matin au cœur de la ferme pour relever nos données et les comparer à celles de stations similaires installées chez des agriculteurs voisins. Un projet pour lequel Manon, en photo, a été d’une grande aide !

    S’adapter aux changements climatiques, entre inondations et canicules

    Notre fond de vallée est soumis à des inondations qui deviennent de plus en plus fréquentes. Nous venons de passer presque deux mois avec une ferme partiellement inondée. On voit, ici Lilliam, notre responsable des cultures, renforcer la berge du Bec.

    Dans le même temps, les gels tardifs, sécheresses et canicules deviennent plus intenses. Nous avons vraiment un merveilleux territoire pour étudier l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques !

    Première session de la formation Jardinier-maraîcher

    Que c’était bon, ces 3 jours partagés avec une magnifique équipe de stagiaires et d’animateurs.trices ! Mieux vaut laisser la parole à celles et ceux qui sont venus se former à la ferme, de 6 pays différents. Merci pour votre confiance !

    « Mille mercis pour ces moments si riches, votre générosité, votre bienveillance. Votre gestion impeccable et votre professionnalisme sont d’une grande richesse. Les liens se tissent par l’opportunité que vous laissez aux coeurs de s’ouvrir dans un monde où ces espaces sont si étroits, c’est merveilleux. Je ressens une gratitude immense devant tant de beauté et tant de paroles puissantes et réconfortantes. » Céline.

    « Après cette première session je ressens une joie immense et une envie profonde de construire un monde meilleur et résilient. Gratitude infinie pour toute l’équipe, vous transmettez avec passion et amour votre goût de la terre et les échanges sont si riches et vivants. » (une autre) Céline.

    Il reste quelques places pour la formation Microferme et forêts-jardins !

    Le jeudi 6 mars commence notre autre cursus Microferme ! Il donne toutes les clés essentielles pour concevoir et gérer une microferme permaculturelle, à la lumière des 21 années d’expérience de la ferme du Bec Hellouin et des multiples projets que nous avons accompagnés. Nous serions heureux de vivre cette aventure avec vous !

    A bientôt Karla !

    Karla est repartie au Danemark après avoir égayé la ferme de son sourire lumineux pendant 6 mois – nous offrant par la même occasion un stage intensif d’Anglais ! Thanks Karla ! Line, à sa droite sur la première photo, la remplace jusqu’en août dans le cadre de son stage de master 2 de Sciences Po, doublé d’un service civique. J’ai une gratitude infinie pour ces jeunes incroyables de générosité et d’engagement qui permettent à la ferme de poursuivre ses missions, dans un contexte difficile. Avec mes filles aînées Lila et Rose qui vivent toutes les deux au Bec Hellouin maintenant (Shanti et Fénoua, les plus jeunes, étudient à l’étranger), nous avons l’impression de former une grande famille !

    Initiation à la vannerie

    Morgane a suivi plusieurs stages à la ferme, dont la longue formation de thérapeute psychocorporel de l’an passé. Elle est devenue une vannière accomplie. Avec sa générosité habituelle, Morgane est venue offrir à l’équipe une première initiation à la vannerie. Au programme : récolte de l’osier, plantation d’une oseraie et premières réalisations.

    Du côté de l’atelier

    Notre passion pour l’artisanat ne cesse de grandir. Rien ne me réjouis plus que de voir les fenêtres de l’atelier éclairées lorsque la nuit recouvre notre vallée, et que mes filles sculptent et façonnent divers objets de bois ! Les plus belles pièces seront proposées à la vente dans la boutique de la ferme, de même que les illustrations originelles de Vivre avec la Terre.

    France 2 à la ferme

    Philippe Collignon, journaliste et jardinier émérite, est revenu à la ferme tourner une série de courts sujets qui seront bientôt diffusés dans Télématin.

  • Vivre dans la forêt

    Carnet de bord – Janvier 2025

    L’amour des arbres a toujours été au cœur de notre démarche. Cet hiver la ferme est inondée et nous ne pouvons pas faire grand-chose dans les jardins, alors nous réalisons un rêve : aller « cueillir » du bois en forêt et créer de multiples objets dans l’atelier. En janvier nous avons pu partager de merveilleux moments avec nos amis Lou Karoui et Loïc Desmonts, jeunes charpentiers qui ont réalisé une partie de la charpente de Notre Dame de Paris. Ils travaillent à la hache avec une dextérité fascinante. On vous raconte tout cela !

    Les savoir-faire artisanaux sont extraordinairement importants lorsque l’on crée une microferme. Laissons les produits industriels à l’agriculture du même nom et apprenons à fabriquer de nos mains, à partir des ressources biologiques locales, les objets nécessaires à nos jardins et nos fermes. Outre les bonheurs sans cesse renouvelés que cela procure, l’artisanat permet de s’entourer de beauté tout en allégeant notre empreinte carbone.

    Histoire d’une charpente paysanne

    Lou et Loïc nous offrent… une charpente ! Une vraie, réalisée à la hache, pour couvrir notre pressoir à pommes daté de 1816. Quel cadeau : des journées dans les bois, des semaines de d’équarrissage et d’assemblages et la fascination de voir l’efficacité des outils, pour la plupart anciens, qu’ils utilisent. Sans parler des savoureux repas partagés au coin du feu dans la forêt brumeuse de janvier ! Ce petit bâtiment servira à illustrer le guide que Lou est en train d’écrire pour la collection Résiliences sur ce sujet. Lou, Loïc et leur équipe de l’Atelier Desmonts ont travaillé 18 mois durant à la reconstruction de la charpente de la cathédrale de Paris et nous sommes fiers de les avoir pour amis !

    Arts and crafts au Bec Hellouin

    La pluie bat au dehors, dans l’atelier le feu ronfle. Avec mes filles et notre équipe nous passons d’heureux moments à travailler le bois, et parfois la pierre. Chacune fait ce qui lui plaît, cherche les gestes et formes justes, prend confiance en sa créativité. L’artisanat a tellement bien sa place dans une microferme ! Depuis toujours nous cherchons à remplacer le plastique et les objets industriels par d’autres fabriqués par des mains humaines à partir de matériaux naturels. Cette année, on avance encore plus résolument dans cette voie ! Les plus belles créations viendront embellir la boutique de la ferme qui accueillera à nouveau les visiteurs lors de nos journées portes ouvertes de 2025.

    Le tour à perche

    L’atelier est depuis peu équipé d’un tour à perche, un outil qui remonte à l’antiquité. Il s’agit d’un tour à bois qui utilise une perche de noisetier comme ressort et une pédale pour activer une corde enroulée autour de l’objet à tourner. Il permet de réaliser bols, coupes, plantoirs, cordeaux et autres objets usuels. Son utilisation n’est pas franchement facile mais, là encore guidé par Loïc, nous apprenons à l’utiliser.

    Faire son bois de chauffage sans pétrole

    Haches, scies passe-partout, merlins, tournebilles : j’ai une passion pour ces outils traditionnels, si efficaces lorsque l’on apprend l’affutage et les gestes justes. Nous utilisons beaucoup de bois de chauffage pour faire fonctionner la ferme, le bilan carbone réalisé par l’équipe de Jean-Marc Jancovici avait souligné que cette énergie renouvelable nous est la plus évidente. A chaque fois que possible j’essaye de faire notre bois à la hache. Dans notre chaumière la même flambée dans la cuisinière Gaudin permet de chauffer la maison et l’eau chaude sanitaire grâce à un ballon de 800 litres, tout en cuisinant. Le bois, c’est un art de vivre qui pose des contraintes, mais quand on y a goûté on ne reviendrait en arrière pour rien au monde ! J’avais partagé cette expérience dans le tout premier guide de notre collection Résiliences : « Faire son bois de chauffage sans pétrole », éditions ULMER.

    Arbres sacrés du monde

    Pour conclure sur cette thématique, voici le superbe livre que notre amie Aurélie Valtat vient de publier chez Deyrolles. « Arbres sacrés du monde » nous embarque dans un tour du monde des arbres et de leurs vertus, entre traditions, science et approches sensibles. J’ai eu la joie de préfacer ce très bel ouvrage, si bien écrit et illustré. Merci et bravo Aurélie !

    Les shiitakés aiment l’eau

    Nous pataugeons dans la ferme partiellement inondée, parfois à s’en remplir les bottes. Nombre de cultures ont été perdues, mais une, au moins, apprécie cette humidité omniprésente : les shiitakés cultivés sur bûches dans la mini forêt-jardin. On se régale ! Nous publierons bientôt dans Résiliences un titre sur la culture des champignons.

    « Concevoir et gérer une microferme productive et résiliente »

    Dans ma vie j’ai fait plein de métiers et réalisé de nombreux rêves, comme faire le tour du monde en voilier et vivre chez les Indiens. Avec le recul, aucune aventure ne m’est apparue aussi satisfaisante et pleine de sens que créer une microferme ! Les 15 années de ma jeunesse passées à partager la vie des peuples premiers avaient suscité en moi une immense envie de vivre dans une harmonie absolue avec la Terre Mère. En créant la Ferme du Bec Hellouin en 2003, nous recherchions la beauté plus que tout. Dans sa générosité, la nature nous a de plus offert la productivité et la durabilité ! 20 années plus tard, la ferme est devenue une référence mondiale, malgré toutes nos erreurs et tâtonnements, et nous en sommes les premiers surpris.
    J’arrive à un âge où l’on pense transmission et je m’y emploie quotidiennement avec mes enfants et notre dream team. Je partage aussi dans nos formations l’expérience acquise durant près de cinquante années d’immersion dans la nature. Il reste quelques places pour notre cursus Microferme, alors si vous aspirez à créer, vous aussi, un îlot de vie et de beauté qui vous nourrira et sécurisera l’avenir des générations futures, n’hésitez pas : rejoignez-nous dans l’aventure ! Vous trouverez le programme complet et toutes les infos sur notre site.

    VIVRE AVEC LA TERRE in English !

    Ca y est, le tome 3 de VIVRE AVEC LA TERRE est sorti en Anglais sous le titre LIVING WITH THE EARTH. La traduction puis l’édition de cet énorme livre ont demandé 4 années de travail. Nous remercions chaleureusement les mécènes qui ont rendu cette traduction possible, ainsi que l’équipe de Permanent Publications, l’éditeur historique de la permaculture au Royaume Uni, sans oublier nos amis de Chelsea Green Publishing qui distribuent le livre aux Etats Unis. L’édition en langue anglaise assure une diffusion dans de nombreux pays du monde.

    VIVRE AVEC LA TERRE voyage aussi en terres francophones!

    Notre ami Frédéric Sauvadet s’est formé à la ferme du Bec Hellouin entre 2014 et 2017. Depuis il accumule les expériences et accompagne maraîchers et particuliers. Il consacre de plus en plus de temps à la coopération. Actuellement en Haïti, il assiste l’université d’agronomie de Fondwa vers l’agroecologie et la permaculture en particulier.
    « Nous cherchons à mettre en œuvre une dynamique nouvelle en Haïti, du moins à Fondwa, qui permettra de régler en même temps les problèmes de catastrophe écologique et de sécurité-souveraineté alimentaire. La voie que nous proposons prévoit 3 grands programmes :

    • Création d’une microferme école sur le modèle de la ferme du Bec Hellouin. Produire intensément sur petite surface et proposer un autre modèle aux paysans.
    • Développement de l’agroforesterie pour apprendre à contrôler l’érosion des sols et créer de bonnes prairies pour l’élevage en pâturage tournant, ou des systèmes associés aux cultures traditionnelles.
    • Formation. Cette mission a été conçue avec une université. Il est ainsi prévu de créer des UV Permaculture et agroforesterie, qui seront des options au cursus d’agronomie de l’université.

    Sur la photo Fred offre VIVRE AVEC LA TERRE au Recteur et au Doyen de l’Université de Fondwa. « Le témoignage de l’expérience menée au Bec Hellouin est un espoir pour les pays qui choisissent de favoriser l’agriculture diversifiée familiale sans pétrole ni intrants chimiques ».
    Nous sommes toujours heureux de constater que nos livres et vidéos sont largement suivis, en Afrique notamment. Mon rêve en écrivant ce livre était qu’il serve en premier à celles et ceux qui souffrent de la faim. Les témoignages des ONG qui l’utilisent donnent sens à ces 6 années d’écriture !

    Venez visiter la ferme !

    La ferme accueillera les visiteurs les 26 avril, 10 mai, 21 juin, 5 juillet, 18 juillet, 1er août, 30 août et 27 septembre, de 14 h à 18 h 30.

    Vous trouverez tous les renseignements sur notre site.

    Retrouvez-nous sur Facebook, Instagram

  • Espoir !

    Carnet de bord – Décembre 2024

    Toute l’équipe de la ferme vous envoie mille vœux de bonheur, de paix du coeur et de joie ! Nous vous souhaitons tout particulièrement une année féconde au potager ou dans votre forêt-jardin !

    La planète Terre est notre jardin dans les étoiles, chacun jardinier.ère contribue à en prendre soin, pour sa petite part. Ensemble, nous tenons le monde entre nos mains ! Magnifique mission !

    Chaque matin je suis habité par la joie de me dire que les soins que j’apporte à ma ferme participent à la guérison de la Terre. Aucun geste, même le plus modeste, n’est anodin car nous sommes tous reliés. Prendre soin d’une simple plante, c’est protéger la Vie dans son entièreté. Et donc le monde que nous laisserons à nos enfants.

    J’aime tellement mes enfants que parfois (souvent) l’angoisse me taraude au vu de l’état du monde. Tant de signaux d’alerte nous parviennent sur la dégradation de la biosphère ! Mais nous ne sommes pas impuissants : si nos modes de vie affectent la planète, il ne tient qu’à nous de les modifier, d’inventer une nouvelle manière d’habiter la Terre. Je n’ai aucun doute sur le fait que les solutions sont à notre portée et qu’il ne tient qu’à nous de les mettre en œuvre.

    C’est ce que chacun.e tente de faire, à la ferme : donner le meilleur, à chaque instant, en nous épaulant, pour avancer ensemble malgré nos vulnérabilités et nos failles. Et nous constatons que les résultats sont là : lorsque l’on va dans le sens de la nature, elle s’épanouit. La fertilité des sols augmente rapidement, la biodiversité revient, l’eau et l’énergie sont captées, la résilience s’améliore…

    Si vous voulez nous rejoindre, vous pouvez le faire de multiples façons : en suivant nos publications, notamment la collection Résiliences créée pour vous, nos réseaux sociaux, en venant visiter la ferme (qui rouvre ses portes au public cette année), en vous formant avec nous… Vous êtes bienvenus.(es) !

    Lilliam

    Lilliam vous accueillera probablement lors de votre visite : c’est notre nouvelle recrue, elle a pris la responsabilité de la ferme en octobre dernier. Son parcours est pour le moins étonnant : Lilliam est née et a grandi à Cuba, où elle a appris le violon dès l’âge de 7 ans. Devenue premier violon dans plusieurs orchestres de son île, elle a donné des concerts dans de nombreux pays. Venue en France pour suivre son mari, Lilliam s’est progressivement reconvertie dans… le maraîchage, et je crains que nos livres aient contribué à ce grand saut d’un univers à l’autre. C’est pour nous un bonheur de l’accueillir ici. Lilliam met autant de soins et d’application à cultiver les légumes qu’à jouer du violon. Le maraîchage est un art !

    8 journées portes ouvertes à la ferme en 2025

    La présence d’une belle équipe à la ferme nous permet de proposer à nouveau des journées portes ouvertes. La ferme accueillera les visiteurs les 26 avril, 10 mai, 21 juin, 5 juillet, 18 juillet, 1er août, 30 août et 27 septembre, de 14 h à 18 h 30.

    Nous vous proposerons de découvrir l’ensemble de la ferme. Des panneaux didactiques vous donneront des clés de lectures des différents espaces. Charles animera une conférence à 15 h, suivie d’une heure de questions-réponses, et sera à votre disposition pour échanger sur vos projets. La boutique proposera nos livres et créations artisanales ainsi que les produits de la ferme. Le droit d’entrée est de 15 € à partir de 16 ans, demi-tarif en dessous, gratuit pour les enfants de moins de 4 ans. Votre participation contribuera au financement de nos activités de recherche et d’essaimage. Nous espérons vous accueillir !

    Une rose, des tomates et des poivrons le 31 décembre

    Pour ceux qui en douteraient encore, le réchauffement climatique est bel et bien là. Les données climatiques l’attestent et chacun de nous peut le constater chez lui. Pour ma part, de ma vie je n’avais jamais cueilli une rose ni récolté (dans notre serre bioclimatique) des tomates et poivrons le dernier jour de l’année !

    Les effets du réchauffement diffèrent selon les régions, certaines sont plus affectées que d’autres. En Normandie le climat est déjà plus aléatoire : hivers souvent doux mais des gels tardifs causent des dégâts aux cultures et fruitiers, sécheresses, canicules ou inondations (comme en ce moment : 10 cm d’eau dans la serre…)… Indéniablement, la saison de culture s’allonge mais je ne pense pas que cela compense les effets négatifs des autres facteurs. Nous intégrons ces changements et la nécessaire adaptation dans nos formations.

    La formation Microferme

    Nous proposons dans cette formation de 12 jours (4 cycles de 3 jours, au fil des saisons) les clés essentielles pour concevoir et gérer une microferme permaculturelle et résiliente, bien adaptée au monde changeant dans lequel nous vivons. Une microferme peut mesurer de quelques centaines de mètres carrés à plusieurs hectares. Elle peut être créée dans une optique professionnelle car de nombreux métiers de l’agriculture sont bien adaptés à une petite surface, ou dans une visée d’autonomie et de résilience familiale ou communautaire. Une microferme peut être une bouée de sauvetage pour vous et vos proches en cas de collapse. Il reste encore quelques places pour la formation 2025.

    Dans l’atelier

    Les usines sont bien adaptées à l’agriculture industrielle, les ateliers des artisan.nes aux microfermes ! Créer des objets usuels ou des outils de nos mains, à partir des ressources locales, a toujours été au cœur de notre démarche. Le bois joue un rôle central dans notre art de vivre : il nous chauffe, nous permet de cuisiner, de construire nos clôtures, nos bâtiments… Nous explorons aussi les artisanats traditionnels liés au bois.

    Sur les pages Instagram et Facebook de la ferme, Lila partage des vidéos didactiques qui vous donneront, je l’espère, envie de vous y mettre !

    Créer de ses mains

    Il y a une joie indescriptible à recueillir des bois locaux et à les transformer en objets usuels, tellement plus beaux que leurs équivalents en plastique que nous cherchons par tous les moyens à bannir ! Les chutes de l’énorme frêne ayant servi à fabriquer la cuisine de Lila permettent de réaliser des cuillers aux couleurs surprenantes, un éclat tortueux d’acacia offre de curieuses spatules « paléolithiques », un tronc de cerisier se transforme en coupe…

    Le pain

    Passionnée de cuisine naturelle, Lila a invité en « résidence culinaire » une jeune boulangère talentueuse : Justine Lebas. 3 jours durant elles ont partagé leurs recettes de levain et leurs essais de pains à base de farines de céréales anciennes. Au sortir du four, leurs pains étaient aussi beaux que savoureux. Je me régale tout autant à voir la passion et la joie de ces jeunes talents s’exprimer dans l’espace de la ferme, qui accueille nombre de créateur.trices au fil des mois !

    100 000 arbres plantés à Madagascar

    Un livre est fait… de papier et nous tenons absolument à ce que nos ouvrages bénéficient d’une compensation carbone. La collection Résiliences soutient Climate Partners et plus précisément la création d’une Plastic Bank. Pour notre gros pavé VIVRE AVEC LA TERRE (1048 pages, 5 kilos !) nous avons choisi avec nos amis d’Actes Sud de planter un arbre par livre vendu. Grâce à nos lecteurs, 90 000 € prélevés sur les ventes du livre ont ainsi pu être offerts à la mission de Tanjomoha à Madagascar. L’efficacité du Père Emeric qui la gère a permis de planter plus de 100 000 arbres ! Il s’agit d’essences locales parfois endémiques, de bois d’œuvre pour prévenir la coupe des dernières forêts primaires et d’arbres fruitiers destinés aux paysans locaux, victimes de sécheresses de plus en plus violentes.

    Au fil des ans des liens solides se sont tissés avec Tanjomoha. Les visites du Père Emeric lui ont permis de découvrir au Bec Hellouin la culture sur buttes permanentes, aussitôt adoptée dans les jardins de la mission qui nourrissent quotidiennement 600 personnes : handicapés, enfants abandonnés, mères seules… La production vivrière a ainsi été démultipliée !

    La mission s’est lancé dans un magnifique projet : planter plusieurs milliers de forêts-jardins, traditionnellement appelées kombohitra à Mada. L’idée est de permettre aux familles démunies d’accéder à une parcelle d’un hectare qu’elle pourra transformer elle-même en kombohitra grâce au soutien de la mission qui apporte des jeunes plants et un appui technique, tout en sécurisant la propriété des terres pour les paysans. Ce programme remporte un énorme succès auprès des différentes communautés. Le Père Emeric ayant créé avec ses équipes des pépinières, 50 € suffisent pour fournir les jeunes plants et boutures permettant de planter une forêt-jardin d’un hectare. 50 € peuvent donc changer durablement la vie d’une famille de petits paysans, tout en stockant du carbone ! Je relaye l’appel du Père qui cherche des soutiens pour faire face aux demandes : n’hésitez pas une seconde à y contribuer ! Vos dons seront entièrement affectés à ce projet. Vous pouvez les adresser à l’association France-Tanjomoha c/o Mme Christiansen, 44 rue Bayen 75017 Paris. L’association délivre des reçus fiscaux pour l’IR et pour l’IS. Merci pour eux !

    Nos programmes de recherches ont besoin de soutien

    Nous conduisons à la ferme, avec le soutien de l’association à but non lucratif Institut de la Ferme du Bec Hellouin, différents programmes de recherches, et ce depuis 2011 : étude de la forêt-jardin, des céréales jardinées (plus de 120 fermes participent maintenant à ce programme), des jardins de bois, du réensauvagement, de l’autonomie et de la résilience d’une microferme. En 2025 nous souhaitons y ajouter un nouveau programme, une étude comparative de notre paysage de résiliences planté il y a 7 ans : est-ce qu’il bénéficie d’un microclimat différent de celui des paysages agraires ouverts qui entourent la ferme ? Comment évolue la biodiversité ?…

    Pour la première fois depuis 2011 l’Institut n’a plus de ressources, et sans son appui il devient bien plus difficile de conduire ces programmes au long cours et les nombreuses actions d’essaimage qui les accompagnent. Nous nous permettons donc cet appel : si vous avez des liens avec un mécène ou une fondation, pourriez-vous leur parler de ces recherches ? Les rapports annuels et le programme 2023-2030 sont en ligne sur notre site www.fermedubec.com. Mille merci pour votre aide !

    Vous pouvez suivre l’actualité de la ferme sur nos pages Instagram et Facebook, qui proposent également des vidéos didactiques.

  • Hasta la victoria siempre !

    Carnet de bord – Novembre 2024

    Lors d’un tour du monde en voilier nous avions fait escale à Cuba, quelle aventure ! Pour le tournage d’un documentaire j’avais eu l’honneur de rencontrer d’anciens généraux de la révolution, compagnons d’armes de Che Guevarra. L’émotion m’a saisi lorsqu’à la fin de l’interview j’ai été invité à me lever pour lancer avec eux leur cri de ralliement, le poing brandi vers le ciel : Hasta la victoria siempre !

    Jusqu’à la victoire, toujours ! Cette phrase emblématique de la révolution cubaine a son corolaire : El pueblo unido jamas sera vencido. Un peuple uni ne sera jamais vaincu ! Aujourd’hui l’humanité ne se bat plus contre un dictateur mais contre le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité, la désertification et la faim… A voir les nouvelles du monde, il semble cependant que nous soyons plus divisés que jamais, face aux combats du XXI° siècle. Pourrons-nous remporter la victoire, alors que les Etats Unis viennent d’élire un climatosceptique et que la COP de Bakou s’achève sur un échec ? Jean-Pascal Van Ypersel, ancien vice-président de GIEC, nous interpellait la semaine passée sur France Inter : sommes-nous bien conscients du fait que la planète risque de devenir invivable pour nos enfants ?

    Le combat pour la vie, pour les générations futures, doit être poursuivi avec encore plus de détermination par celles et ceux qui sont concient.es de la gravité des enjeux. Les raisons d’être éco-anxieux se multiplient mais qu’importe : rien ne doit nous arrêter. Notre engagement individuel est extrêmement important. Lorsque nous serons des millions, des milliards à aspirer de toutes nos forces à une civilisation équitable et respectueuse du vivant, nous créerons ensemble un mouvement tel que nous changerons le monde. Sans fusil d’assaut – ne retenons de la révolution cubaine que la leçon de courage donnée par une poignée de révolutionnaires : nous changerons certainement le monde, juste avec un cœur et des mains ouvertes. Des mains qui peuvent plonger dans la terre pour y féconder le miracle de la vie !

    Créer un jardin vivrier, une microferme est une manière puissante de transformer le monde, un engagement politique aussi fort que prendre les armes. C’est aussi un engagement non-violent, poétique et sensible. S’il y a une cause qui devrait tous nous réunir, c’est bien celle-ci : prenons soin de la Vie, sous toutes ses formes ! Dans notre ferme nous cherchons à nous rapprocher de cet idéal en explorant diverses formes d’agriculture douce, naturelle et productive, en apprenant l’artisanat afin de valoriser les ressources biologiques et locales et en prenant soin des humain.es. Ce Carnet de bord vous en dira plus.

    La ferme sous la neige

    Chacun peut le constater : le climat change ! Sous nos latitudes la saison de culture s’allonge indéniablement. Le gel arrive de plus en plus tard. Dans notre vallée du Bec il faisait généralement son apparition fin octobre, parfois bien plus tôt. Cette année il a attendu le 21 novembre ! Début décembre nous avons toujours des tomates et des poivrons sous la serre. La neige est tombée en abondance, donnant de belles images et quelques frayeurs à notre équipe sur la route !

    Développer les recherches scientifiques à la ferme

    Nous préparons activement la saison 2025 en travaillant à l’essor des programmes de recherches scientifiques, que nous souhaitons amplifier. Le paysage de résilience, dans lequel nous avons planté 5 000 arbres environ, atteint une certaine maturité. Nous aimerions l’étudier sous différents aspects : quelle évolution pour la biodiversité ? Favorise-t-il la création d’un microclimat différent de celui des plaines agricoles ouvertes ?… Nous allons accueillir plusieurs jeunes scientifiques pour des stages longs. Nous recherchons également des mécènes pour l’association à but non lucratif Institut de la Ferme du Bec Hellouin qui soutient ces programmes et les nombreuses actions d’essaimage que nous menons. Pour l’instant les finances de l’Institut sont au plus bas, mais nous gardons espoir ! Hasta la victoria siempre !

    Merveilleux.ses stagiaires !

    Quel bonheur d’accueillir d’aussi belles personnes ! Celles et ceux qui sont venus se former dans les jardins cette année ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Un travail de qualité réalisé dans la bonne humeur et l’entraide. Ma gratitude est grande !

    Voici le témoignage de Pauline, maman de 3 enfants qui réalise une courageuse reconversion. Elle a réalisé plusieurs semaines de stage dans le cadre de sa formation.

    J’ai eu un véritable coup de cœur pour la Ferme du Bec Hellouin au travers des livres et nombreux reportages. Elle représentait pour moi un idéal de vie. En 2024, mon souhait de la visiter s’est concrétisé ! 

    Arrivée dans ce merveilleux lieu, j’ai été parcourue par une énergie vibrante. Tous les êtres de cet écosystème semblent être connectés à la même fréquence, celle de la Terre Mère. Ici règne une atmosphère chaleureuse et pleine de joie, nourrie par le travail et l’amour de Charles et des siens au fil des années.

    Toutes les belles personnes de passage dans cette microferme paraissent être attirées par une même quête de sens : l’envie de créer un monde plus sain pour les générations futures. C’est dans la bienveillance et l’entraide que la Ferme du Bec Hellouin continue de rayonner.

    La formation de Thérapeute psychocorporel s’est achevée

    Prendre soin de la Terre et des humain.es est l’ADN de la permaculture. La formation de thérapeute proposée en 2024 a été un très profond voyage intérieur, à la rencontre de soi-même et des autres. Au terme du quatrième stage, les stagiaires ont pu présenter leurs travaux de fin d’étude et nous nous sommes quittés avec beaucoup d’émotion. Voici les témoignages de deux participantes.

    Quelque chose m’appelait… Ma petite voix intérieure me disait : « Va Céline, Vis et Deviens ».

    Au delà de la pratique du massage riche d’enseignements, des propositions d’ateliers, des discussions, les rencontres humaines furent tellement fortes, celles qui touchent votre cœur de plein fouet et bouleversent votre vie à jamais.

    Je suis allée à la rencontre du vivant, de mon être intérieur et de mes blessures. Je me suis déployée tel un papillon qui sort de sa chrysalide et me suis émerveillée devant la beauté de ce lieu si pur et sécurisant. J’ai embrassé la vie avec une joie immense.

    Gratitude infinie, merci à Charles et Elodie pour ce cadeau qui vaut tout l’or du monde.

    Céline

    En suivant cette formation de thérapeute psycho-corporel, j’ai vécu une expérience si absolument extraordinaire qu’il m’est encore très difficile de la décrire aujourd’hui avec des mots qui me semblent bien trop ordinaires et réducteurs ! Je dirais peut-être que j’ai fait un grand et doux voyage sur le chemin de ma conscience. Il m’a nourrie spirituellement et humainement pour poursuivre ma route sereinement vers mon être intérieur profond. Je ne pourrais jamais assez remercier toutes les personnes qui ont rendu ce moment suspendu possible ! Vive la ferme du Bec Hellouin et son école !

    Morgane

    Les formations 2025 se remplissent !

    Il reste encore une place pour la formation « Jardinier-maraîcher » et quelques places pour « Microferme ». Si vous cherchez des solutions et des savoir-faire pour gagner en autonomie, en résilience et contribuer plus efficacement au monde de demain, n’hésitez pas à nous rejoindre ! Le programme complet est disponible sur notre site www.fermedubec.com.

    Travaux d’hiver

    L’équipe profite de cette période plus calme pour préparer au mieux la ferme à la saison prochaine. Chaque jardin et la serre ont été soignés avec amour, comme jamais auparavant. Les bâtiments sont rangés et nettoyés. Nous avons passé près d’une semaine rien que pour mon atelier ! C’est la première fois depuis 21 ans que je ne me sens enfin à jour dans mon travail. Agréable sentiment ! Merci à la dream team !

    L’artisanat se développe à la ferme

    Depuis que je suis gamin je suis passionné par l’artisanat, surtout les savoir-faire vernaculaires, lorsque l’art rencontre les humbles objets du quotidien pour les embellir. Avec les années je suis devenu sensible au fait que valoriser les ressources biologiques locales est source de grandes joies, tout en nous aidant à nous affranchir des ressources fossiles. Lila partage cette passion : haute comme trois pommes déjà, dès qu’elle rentrait de l’école elle s’asseyait à sa petite table pour dessiner, découper, coller… Alors nous consacrons chaque moment de libre à travailler le bois de la ferme !

    Ce banc a été taillé dans des bois de notre vallée : un plateau de frêne avec une incrustation de cerisier, des pieds en noisetier et des coins en if. Quel plaisir d’aller couper une branche courbe et de voir l’objet prendre forme !

    La ferme ouvre ses portes en 2025

    La venue de Lila et l’embauche de nouvelles collaboratrices autorise la réouverture de la ferme au grand public (nous avons toujours accueilli les agriculteurs, scientifiques, élus…). 8 journées portes ouvertes sont programmées en 2025. Je vous en dirai plus dans le prochain Carnet de bord et les dates seront bientôt en ligne sur notre site. L’opportunité de nous rencontrer ?

    Merci à Alice Boursini et Anne-Sophie Ernest pour leurs photos.

    Vous pouvez suivre l’actualité de la ferme sur Facebook et Instagram.

  • Le réchauffement climatique s’emballe

    Carnet de bord – Octobre 2024


    Qu’attendons-nous pour agir ?

    Les dernières données sur le réchauffement climatique sont terrifiantes. La planète risque de devenir invivable pour les générations futures. Pourtant, les solutions sont là. Il y a urgence à nous engager !

    Je voudrais de toutes mes forces vous inviter à ne pas passer à côté de cette responsabilité historique qui nous incombe. Nous sommes collectivement en train d’échouer dans la lutte contre le dérèglement climatique. Raison de plus pour nous engager individuellement et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire partie de la solution plutôt que du problème !

    Photo copyright Claudius Thiriet

    Les cris d’alarme se multiplient

    A quelques jours de l’ouverture de la COP 29 à Bakou, les scientifiques et dirigeants d’institutions internationales multiplient les cris d’alerte. « Nous sommes sur une corde raide à l’échelle planétaire… Nous plongeons dans une catastrophe climatique dont les plus pauvres et les plus vulnérables souffriront le plus », lançait ces derniers jours Antonio Guteres, le secrétaire général des Nations Unies.

    Selon le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, les politiques actuelles de réduction des émissions de gaz à effet de serre mises en place par les pays entraîneraient un réchauffement catastrophique de 3,1°C au cours du siècle, avec à la clé une série de points de bascule irréversibles : effondrement des calottes glaciaires, élévation incontrôlable des mers et amplification des phénomènes météorologiques extrêmes.

    De plus en plus de scientifiques estiment que l’objectif de contenir le réchauffement planétaire à +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle d’ici la fin de siècle ne sera pas atteint, mais que cette élévation des températures deviendra la norme dès 2030 (en 2023 l’augmentation des températures a déjà atteint ce seuil, et les concentrations de gaz à effet de serre ont été record).

    Selon Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, les plans d’action actuels des états « sont loin de répondre aux besoins pour empêcher le réchauffement planétaire de paralyser toutes les économies et de détruire des milliards de vies… La pollution par les gaz à effet de serre à ces niveaux garantira un naufrage économique et humain pour tous les pays, sans exception ». (Sources : dépêches GoodPlanet du 23 au 27 octobre 2024).

    Le « Plan national d’adaptation au changement climatique » de la France

    Le premier ministre Michel Barnier a présenté le 25 octobre le « Pnacc-3 », conçu à partir d’une hypothèse de réchauffement de 4°C en métropole d’ici la fin du siècle.  51 mesures, mais un budget pour 2025 de 300 millions d’euros seulement, alors que les scientifiques estiment qu’un réchauffement de 4°C bouleverserait irrémédiablement la vie sur Terre et condamnerait des milliards d’êtres humains.

    Je suis bouleversé, en colère, honteux du monde que nous allons laisser à nos enfants. Et pourtant je garde espoir que nous soyons suffisamment nombreux – des millions, des milliards -, à nous engager à notre niveau, sans attendre que nos élites prennent la mesure des périls à venir.

    Créez votre microferme !

    L’effondrement de notre modèle de civilisation est inéluctable. Je vous invite d’ailleurs à aller voir « C’est le monde à l’envers »,  le dernier film de Nicolas Vanier qui vient de sortir au cinéma. Les premières minutes dépeignent un colapse brutal en France : saisissant ! Les héros du film réinventent pour survivre une vie paysanne et low tech en mettant en œuvre à peu près tout ce que nous explorons depuis des années à la Ferme du Bec Hellouin !

    En cas d’effondrement, les solutions locales, ne nécessitant pas d’énergie fossiles, invitant à la solidarité, seront probablement les seules à rester efficientes. Une microferme dotée d’un sol fertile, d’eau et d’énergie sera un gage de survie, quelque soit sa taille. Mais augmenter la teneur d’un sol en humus, capter l’eau et l’énergie solaire, planter des arbres fruitiers, apprendre à cultiver la terre avec des outils manuels ou en traction animale, devenir autonome nécessite bien du travail, des outils spécifiques et des apprentissages. J’estime qu’il faut bien une dizaine d’années pour atteindre un niveau d’autonomie satisfaisant. On peut se fixer un objectif : concevoir une microferme qui soit capable de continuer à nourrir la communauté locale, même en cas de crise grave. C’est ce que nous cherchons à faire ici depuis 20 ans. Alors je me permets ce conseil : nous sommes encore dans une période de relative stabilité et prospérité, mettons à profit ce temps pour travailler de toutes nos forces à la mise en œuvre de solutions permettant à nos familles, nos amis, nos communautés de mieux vivre en cas d’effondrement. Lorsque les crises s’intensifieront, il sera largement trop tard.

    Au Bec Hellouin, c’est ce que nous tentons de faire par nos programmes de recherches, tous axés sur la question de la résilience, par la collection de guides pratiques Résiliences créée avec les éditions Ulmer et qui compte déjà 33 titres, et par nos formations.

    Formation Microferme

    Notre formation « Jardinier-maraîcher » est complète pour 2025, il reste des places pour la formation « Concevoir et gérer une microferme résiliente ». Si vous vous sentez concerné par cette thématique, rejoignez-nous. Je vous partagerai nos travaux et ma vision d’une microferme couverte d’une canopée d’arbres fruitiers, avec des clairières pour les légumes et les céréales, des animaux, des mares partout et des solutions pour remplacer chaque outil à moteur thermique par son équivalent manuel !

    Publication du Rapport scientifique 2023-2024

    Ouf, après ce qui précède, parler des solutions remonte le moral ! J’ai la joie de vous annoncer la publication de notre Rapport scientifique annuel. Il vous donne des nouvelles de l’ensemble de nos programmes de recherches. Vous y lirez les dernières données sur la forêt-jardin, les céréales jardinées, les jardins de bois… Ce Rapport est à votre disposition sur notre site internet www.fermedubec.com, à la rubrique La recherche.

    Nouvelles de la ferme : belles récoltes d’automne

    L’automne doux nous offre encore une profusion de légumes et de fruits délicieux. Le gel arrive chaque année plus tard, il faisait encore 20°C aujourd’hui, 29 octobre. Une partie des récoltes est offerte aux amis et voisins, ou bien au Resto du cœur de Bernay.

    Indispensable fruitier

    Nous nous sommes toujours refusés à doter la ferme d’une chambre froide énergivore. Notre romantique fruitier permet de bien conserver les récoltes, grâce à ses murs de terre qui l’isolent efficacement. Et puis il sent tellement bon ! Nous avons refait le torchis à l’intérieur, la toiture en chaume à besoin d’être changée, mais il manque le budget pour cela et elle fait encore l’affaire.

    La mini forêt-jardin est toujours en production

    Nous récoltons encore, en ce mois d’octobre, des mûres géantes, des framboises, de l’oseille et de la rhubarbe dans la mini forêt-jardin. Pour la neuvième année consécutive, toutes les interventions et récoltes sont quantifiées. Les résultats (à découvrir dans le Rapport scientifique) de l’année 2023 ont été records : la valeur des récoltes à atteint  6 715,35 € pour une surface de 300 m2 et 107,22 heures de travail sur l’année. Pas mal, pour un nouveau modèle agricole qui fonctionne à merveille sans énergie fossile, tout en stockant du carbone et en protégeant la biodiversité !

    L’automne est la saison des conserves et des confitures, toute la famille s’y adonne.

    Les jardins de bois poussent vite et bien !

    Nous avons planté il y a bientôt 4 ans 3 jardins de bois, des taillis destinés à être recépés (pour en savoir plus, lire le Rapport scientifique). Ces jardins de bois fourniront du bois-énergie qui contribuera à l’autonomie énergétique de la ferme. Ils font partie des solutions que nous étudions année après année afin de proposer des alternatives au pétrole et au gaz. La photo ci-dessus montre des arbres qui n’ont pas encore 4 ans !

    L’île-jardin

    Grâce à de merveilleuses équipes de jeunes en formation agricole, dont Karla, étudiante danoise qui séjourne à la ferme durant 3 mois, la ferme est vraiment belle en ce moment. La gentillesse, l’implication et l’engagement de ces stagiaires font chaud au cœur : le travail se fait dans la joie et le résultat dépasse mes espérances ! J’essaye de leur insuffler mon rêve d’une ferme qui soit belle comme une œuvre d’art, et ils font mieux que je n’ai pu le faire par le passé ! Voici Karla, Pauline et Laura posant fièrement sur l’île-jardin qui vient d’être désherbée et paillée en vue de l’hiver.

    L’atelier de la rivière

    Avec Lila, nous souhaitons développer les activités artisanales sur la ferme – un rêve qui remonte pour moi à l’enfance ! J’ai ainsi pu façonner dans la forêt un établi de sculpture dans un vieux tronc de frêne bien sec (et… bien dur !). Puis nous avons, en une journée, planté des pieux et retendu la toile à voile qui sert d’abri au bord du ruisseau du Bec, créant ainsi un bel espace qui abritera bientôt des activités de travail du bois, vannerie, poterie…

    Je vous souhaite tout le bonheur du monde, vous le trouverez en prenant soin de notre magnifique Terre-Mère et de tous ses habitants !

    Charles

    Vous pouvez suivre l’actualité de la Ferme du Bec Hellouin sur Facebook et Instagram. Nous y publions régulièrement des vidéos didactiques.

  • Nouveau printemps à la ferme !

    Carnet de bord – Septembre 2024

    Oui, je sais, nous sommes en septembre et, comme mes tomates, je suis rouge de honte de ne pas avoir rédigé ce Carnet de bord depuis juin. Trop de boulot ! Mais cela devrait s’arranger car une merveilleuse dynamique se met en marche à la ferme, après quelques années difficiles sur le plan personnel. D’où le nouveau printemps !

    L’arrivée de ma fille Lila, au moment où notre cadette Fénoua vient de quitter le nid, bac en poche, insuffle dynamisme, jeunesse et féminité à l’équipe. Equipe qui, après une année durant laquelle ma seule collaboratrice régulière était ma jument Swan, s’est étoffée avec l’arrivée d’Alexandra, de Jean-Claude, et d’Amina, et toujours l’aide précieuse d’Elodie, qui travaillent à temps partiel pour la ferme.

    Plein de projets, le plus important étant la reprise des formations en permaculture !

    Deux nouvelles master class

    Les années passées, nous avions mis au point avec ma collaboratrice Elodie une offre de formations qui fonctionnait à merveille : un cycle « Jardinier-maraîcher permaculturel » et un autre cycle « Concevoir et gérer une microferme résiliente». Chaque formation dure 12 jours répartis sur 4 stages de 3 jours, au fil des saisons. Cela permet une immersion profonde dans la ferme et une connexion aux rythmes de la nature, mais aussi la création d’une formidable équipe qui se retrouve avec bonheur au fil de l’année.

    En 2025 nous avons pris la décision de proposer à nouveau ces master class, pour la dernière année probablement. Une équipe aussi chaleureuse que compétente m’accompagne dans cette aventure. J’anime les sessions théoriques, sur des sujets que j’explore depuis plusieurs décennies. Elles alternent avec des ateliers pratiques « les mains dedans », par petits groupes. Nous invitons également des experts avec qui nous collaborons depuis des années : scientifiques, pépiniériste, artisan semencier, botaniste…

    Le programme a été lancé fin juillet et les formations seront bientôt complètes, alors si vous désirez nous rejoindre, ne tardez pas ! Ces formations sont relativement chères (3 600 €), mais nous tentons de proposer les meilleurs cursus possibles ! Leur coût est calculé au plus juste et ne couvre pas en totalité les salaires, charges et frais de fonctionnement de la ferme. Nous avons formé plus de 5 000 personnes depuis 2008 et recevons d’innombrables retours sur l’aide efficace apportées par ces formations et sur les importantes économies en temps et argent qu’elles permettent de réaliser.

    « Jardinier-maraîcher permaculturel »

    … ou jardinière-maraîchère, bien évidemment !

    Ce cursus s’adresse à celles et ceux qui aspirent à se nourrir toute l’année de leur jardin, dans une perspective d’autonomie et de résilience, mais également à celles et ceux qui désirent faire du maraîchage bio leur métier.

    La Ferme du Bec Hellouin a développé une méthode profondément écologique, mais aussi d’une haute productivité : la performance économique dépend de la performance écologique ! Les études scientifiques qui se déroulent depuis 2011 à la ferme ont montré une productivité moyenne de 55 € de légumes par mètre carré et par an, sans aucun recours à des machines motorisées, alors que dans le même temps la fertilité des sols croît très rapidement et que la biodiversité s’épanouit. Le maraîchage du monde de demain ?

    La répartition des stages sur l’année permet de réaliser couches chaudes et semis sous abri lors du premier stage, de préparer les jardins en extérieur et de repiquer les jeunes plants lors du second, de les récolter et d’implanter les cultures estivales pendant le troisième, et ainsi de suite. En 12 journées très denses, les grands repères se mettent en place.

    « Concevoir et gérer une microferme résiliente »

    Cette formation traite de la ferme dans son ensemble, ainsi que des productions autres que les légumes (thématique de Jardinier-maraîcher) : fruits, petits fruits, forêts-jardins et agroforesterie, plantes aromatiques, animaux, céréales, transformations…

    Nous avons acquis au fil des ans une expérience unique dans la conception d’une microferme, un concept lancé au Bec en 2010, grâce aux innombrables expériences conduites ici (celles qui marchent… tout comme celles qui ne marchent pas, mais qui livrent néanmoins nombre d’enseignements!), et aux très nombreux projets que nous avons accompagnés, en France et à l’étranger. Cette expérience de terrain sur un sujet encore peu exploré vient nourrir chaque heure de cette formation.

    En fin d’hiver nous taillerons les quelques 5 000 arbres fruitiers et buissons à baies que compte la ferme, en planterons de nouveaux, puis au fil des saisons nous étudierons les forêts-jardins de la ferme, prendrons soin des animaux et réaliserons un chantier en traction animale, ferons la moisson, découvrirons des outils manuels innovants d’une grande efficacité… Vous serez ensuite tellement mieux à même de choisir un terrain et de créer votre microferme !

    Welcome Lila !

    L’installation au Bec de ma grande fille de 27 ans a changé mon quotidien ! D’autant plus que ses ami.es sont nombreux.ses à faire escale ici. Lila, avec qui j’ai créé Résiliences, poursuis son activité d’éditrice tout en cultivant des plantes aromatiques, et surtout en cuisinant : quel talent ! C’est elle qui maintenant régale nos stagiaires, après 11 années d’heureuse collaboration avec le chef Fabien Prudhomme. Voici un petit aperçu de ce que mangent nos stagiaires : plus bio et plus frais, cela n’existe pas !

    Vous pouvez suivre le quotidien de Lila (et celui de l’équipe) sur le compte Instagram de la ferme, qu’elle a créé.

    Rose en résidence d’artiste

    Après 7 années passées aux Beaux arts et à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage, Rose, ma seconde fille, travaille à son compte pour accompagner divers projets, agricoles et permaculturels le plus souvent. Nous collaborons ponctuellement sur certains projets. C’est toujours une joie lorsqu’elle débarque à la ferme et sors ses pinceaux !

    Mes deux dernières filles Shanti et Fénoua sont maintenant toutes deux étudiantes à l’étranger. Elles reviennent à la ferme à chaque vacances pour revoir leur père – ou plus probablement leurs chiens (Fénoua) ou leurs chats (Shanti) !

    Une très jeune équipe

    Cet été, nous avons été si heureux d’accueillir de très jeunes stagiaires en formation agricole, tellement motivés et enthousiastes ! Des liens forts se sont créés, et grâce à eux la ferme a traversé une saison bien humide sans être submergée par les adventices !

    La moisson

    Nos essais de céréales jardinées se poursuivent pour la cinquième année consécutive, en partenariat avec l’INRAE de Rennes. Franchement cette année les résultats étaient plutôt décevants. Pas pour les oiseaux toutefois : moineaux et pigeons sont chaque année plus nombreux à nous demander de poursuivre cette étude !

    Antoine Marin, chercheur et paysan semencier, est venu nous guider dans les mesures à prendre pour quantifier les récoltes. Avec son talent de conteur et ses savoirs étendus et divers, Antoine sait mieux que personne captiver ses auditeurs !

    L’Appel pour une recherche participative sur les céréales jardinées, lancé par nos amis l’INRAE de Rennes, Triticum et la ferme, démarre fort : 130 fermes de plusieurs pays se sont manifestées pour participer. En ce moment même, une réunion de paysans semenciers normands se tient à la ferme. Ils sont en train de prendre l’apéro… et moi je suis comme d’hab derrière l’ordinateur !

    Un sondage improvisé

    Dans le sol bien sûr ! Antoine Marin et la jeune équipe, Nouchka comprise, ont creusé un joli trou afin que nos futurs ingénieurs puissent réaliser un profil de sol. L’occasion de vérifier une fois de plus la piètre qualité de notre terre arable, si peu profonde. L’horizon d’humus présenté sur la photo fait moins de 20 cm de profondeur, bien qu’il bénéficie d’apports de compost depuis 10 ans ! Ceci rend d’autant plus intéressants les excellents résultats obtenus en maraîchage sur cette terre peu propice aux cultures.

    Le sol, vu par Emmanuel Bourguignon

     Excellente transition pour vous présenter les deux premiers guides Résiliences de moyen format : « Prendre soin de son sol », écrit par l’expert Emmanuel Bourguignon (ses parents et lui nous ont énormément aidé à comprendre les sols de la ferme), et « Cuisiner low tech », un sujet peu exploré mais délicieusement intéressant, bien traité par Lucie Le Guen qui partage avec brio sa passion.

    Ce mois-ci, vous pourrez découvrir dans toutes les bonnes librairies les deux derniers Résiliences : « Elever des brebis et des moutons », écrit par la bergère Agathe Berthier,  et « Accueillir des abeilles », de Charlotte Lambert. Avec 35 titres publiés depuis sa création il y a 3 ans, la collection Résiliences s’affine et se rode à chaque titre, et ses lecteurs.trices les collectionnent bien souvent ! Notre rêve d’une sorte d’encyclopédie de la vie naturelle et autonome est en train de se réaliser.

    Prendre soin de soi et des autres

    Un autre rêve (j’en ai plein !) est que la ferme soit un lieu heureux, un espace de guérison pour toutes les formes de vie, humains compris. Cet été s’est tenu notre stage d’Ecologie intérieure (le dernier hélas), tandis que notre Formation de thérapeute psychocorporel se poursuit. Chaque stage est un profond voyage en humanité, dont nous ressortons toustes grandis.

    Des visiteurs de tous pays

    J’ai un problème dans la vie : les sollicitations sont tellement nombreuses que je passe beaucoup trop de temps derrière un ordi, 7 jours sur 7 (les paysans semenciers ont dû terminer l’apéro…). D’où la belle réponse automatique que vous recevez si vous nous écrivez, qui précise que la ferme est fermée… Ceci ne nous empêche pas toutefois d’accueillir des paysannes et paysans, ONG, scientifiques, missions d’états, de nombreux pays. De toutes ces visites, celle qui m’a le plus enchanté ces derniers mois était une famille paysanne de l’île de Ua Pou, aux Marquises, où j’avais fait escale lors d’un tour du monde en voilier. Retrouver la gentillesse des polynésiens ! L’odeur de la vanille qu’ils cultivent ! Ils ont absolument tenu à rencontrer Fénoua et ont entonné en la voyant un chant en l’honneur de la Terre Mère (Fenua, en Maori).

    L’atelier des bois

    Et puisque nous sommes en plein dans les rêves et qu’ils sont faits pour être réalisés, en juillet une nouvelle amie Blandine Barthélémy est venue nous initier à la sculpture de cuillers en bois. Passionnant ! J’avais plein de bouquins et d’outils pour la sculpture, et enfin nous avons pu nous y mettre. L’artisanat se conjugue tellement bien avec une microferme ! Merci Blandine ! Voici mes premières réalisations : une coupelle et une spatule, réalisées avec l’if qui pousse devant ma cabane.

    Charles HERVÉ-GRUYER
    Le 18 septembre 2024

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  • L’éthique de la permaculture

    Carnet de bord – Juin 2024

    Nous sommes nombreux à être inquiets de l’état du monde : le réchauffement climatique s’accélère et l’on regarde ailleurs, les conflits armés se durcissent, notre société française vit des clivages d’une intensité inégalée depuis des décennies. Entre peur et violence, rejet de l’autre et repli sur soi, nous risquons de nous enfermer dans une logique de court terme, alors qu’il est plus impératif que jamais de nous engager durablement pour les générations futures. Et cela ne peut se faire qu’en cultivant des visions communes, des rêves partagés.

    La permaculture est une quête d’équilibre entre les humains et la Terre. Ses fondateurs, Bill Mollison et David Holmgren, l’ont fait reposer sur une éthique : prendre soin de la terre, prendre soin des humains, partager équitablement. Alors que le contexte électoral ne donne pas forcément envie de rire, je souhaite dans ce Carnet de bord revenir sur ces principes. Ils me donnent des raisons d’espérer et je souhaite de tout cœur qu’il en sera de même pour vous, mes amis.(es) connus.(es) ou inconnus.(es) qui me faites l’honneur de me lire !

    Prendre soin de la terre

    Nous autres européens consommons l’équivalent de 3 planètes alors que nous n’en avons qu’une : cherchez l’erreur ! Je me souviens d’une phrase d’un Indien punaisée au mur du tout petit dispensaire d’Antecume Pata, au sud de la Guyane, ou j’ai eu l’immense bonheur de partager la vie des Amérindiens dans ma jeunesse : « Lorsque l’homme blanc aura coupé le dernier arbre de la forêt et pêché le dernier poisson, il réalisera que l’argent ne se mange pas ».

    A l’évidence, les 2 planètes en trop que nous consommons aujourd’hui sont volées aux générations futures, qui devront survivre avec une seule planète dégradée. Est-ce moralement acceptable ?

    Allons-nous assister bras croisés à la destruction de la biosphère ? Certainement pas ! Nos choix pour les années qui viennent détermineront l’état de la planète pour des siècles. Attendre des solutions « d’en haut » nous fera passer à côté de l’urgence d’agir. La permaculture propose des solutions simples et efficaces que chacun.e peut mettre en œuvre à son échelle, au niveau le plus local : individuel, familial, communautaire… La permaculture nous fait prendre conscience de notre pouvoir : nous pouvons contribuer à « sauver » un tout petit bout du monde vivant, et si nous sommes des millions, des milliards à nous engager dès aujourd’hui, nul doute que nous changerons le monde !

    Dans notre ferme, en quelques années, nous avons pu constater à quel point une approche bio-inspirée permet de transformer l’environnement en profondeur : sols, eau, biodiversité, séquestration de carbone, une approche ultra locale reposant sur l’organique et des techniques low tech permet réellement d’amorcer une spirale vertueuse.

    Prendre soin des humains

    Il est aujourd’hui impossible d’imaginer une stratégie de préservation de l’environnement qui ne soit pas accompagnée d’une politique sociale forte. Protéger la terre et les humains : même combat !

    Comme l’écrivait Antoine de Saint Exupéry, nous sommes passagers d’un même navire. Si l’équipage du vaisseau spatial Terre s’entre-déchire et se divise, pouvons-nous espérer sortir par le haut des crises actuelles et à venir ? Ce n’est qu’unis que nous parviendrons à bon port. Cultivons donc le sens de notre unité, de notre communauté de destins : entre êtres humains, mais également avec toutes les autres formes de vies qui sont, comme le disait Hubert Reeves, nos compagnons de voyage.

    On n’est pas résilients tous seuls : l’aventure de notre ferme n’aurait jamais été possible sans l’engagement à nos côtés de tant de belles personnes ! Gratitude !

    Partager équitablement

    Parmi les nombreux compagnons de voyage qui ont permis à la ferme de perdurer, voici Cici et Tom, un jeune couple qui a réalisé 8 mois de service civique au Bec Hellouin. Le jour de leur départ, ils sont venus m’offrir une flûte de leur fabrication ! Tout l’amour du monde brille dans leurs yeux.

    Je suis émerveillé par les magnifiques aspirations d’un nombre croissant de jeunes, ils n’ont aucune envie de s’inscrire dans un système prédateur et compétitif, matérialiste et patriarcal, qui détruit la planète et oppresse une partie de l’humanité. Ils rêvent d’un monde doux et sobre et ils se retroussent les manches pour l’inventer !

    David Holmgren, le cofondateur de la permaculture, a écrit qu’il comprenait ce troisième pilier éthique comme un partage qui s’étend aux générations futures. Enrichir son sol en humus, par exemple, est un processus long et ouvrageux, mais qui permet de léguer une terre fertile à celles et ceux qui nous succéderont. Une terre humifère tient mieux l’eau et résistera plus longtemps aux sécheresses à venir. Cela me parle énormément, à la ferme mon souci d’augmenter la fertilité des sols a viré à l’obsession !

    La ruine de l’environnement et un écart croissant entre les plus riches et les plus pauvres ont été les principales causes de disparition des civilisations passées. C’est exactement ce à quoi nous assistons aujourd’hui, avec un facteur inédit : c’est notre civilisation mondiale qui montre des symptômes croissants d’effondrement. Personnellement, je vous l’avoue, je suis persuadé qu’une civilisation qui consomme 3 planètes n’est pas durable et ne peut que disparaître. Mais le monde d’après est déjà là, en germination dans tant et tant de réalisations, sur tous les continents. Investissons donc notre créativité et nos forces dans la construction du monde de demain, c’est meilleur pour le moral que se lamenter sur la perte de l’ancien monde !

    Les petits humains que nous sommes avons le choix entre deux émotions : l’amour et la peur. La peur divise, isole, déchire, détruit. L’amour unit, guérit. Une fraction croissante de l’humanité est en train de réaliser que la chose la plus précieuse sur cette Terre, c’est la vie, sous ses innombrables formes. Toutes nos technologies et toute l’IA du monde ne nous permettront jamais de créer un seul papillon ! Ce désir de préserver la vie est attesté dans toutes les cultures, dans chaque village, partout. Alors, n’ajoutons pas nos voix au concert discordant de ceux qui ont peur et qui excluent des pans entiers de l’humanité, et engageons-nous humblement, localement, résolument, en faveur de la vie, du partage et de la solidarité. Créons des lieux de vie beaux et accueillants, qui apaisent, guérissent, réparent… Des jardins, des microfermes où la nature et les humains sont honorés et célébrés !

    Cuisiner le vivant

    Après ces grandes considérations revenons au local, justement ! Cuisinière autodidacte, ma fille aînée Lila fait des merveilles avec les plantes cultivées et sauvages de la ferme. Son amour du végétal et la beauté de ses préparations aux saveurs subtiles célèbrent la nature et ravissent nos stagiaires ! Quelle joie, son retour à la ferme où elle a grandi. Nous préparons ensemble des formations en ligne que Lila réalisera, grâce à son expérience de journaliste et d’éditrice. N’hésitez pas à suivre ses partages sur la page Instagram de la ferme !

    Et si vous preniez soin de vous à la ferme ?

    Du 21 au 25 août prochain se tiendra la toute dernière session de notre formation en Ecologie intérieure : « Apaiser stress et anxiété par le toucher et le yoga ».  Il reste encore quelques places, alors si cette formidable aventure humaine vous tente, rejoignez-nous ! Le programme complet et les modalités d’inscription sont en ligne sur notre site www.fermedubec.com.

    Je vous souhaite un heureux été, et si vous êtes dans le sud, envoyez-nous un peu de soleil !

    Charles

  • On n’est pas résilient tout seul !

    Carnet de bord – Mai 2024

    Cette année est un peu particulière à la ferme : en 20 ans, c’est la première fois que je suis seul pour l’entretenir. Même si, depuis peu, ma fille aînée Lila s’y est installée, et si ma dernière fille Fénoua y est encore pour quelques semaines – elle passe son bac -, les enfants ne sont pas là pour bosser pour leurs parents !

    Il y a trop de travail pour moi seul ici : énormément de bureau et d’ordinateur, les livres, les programmes de recherches, les formations, et plein de choses à réaliser dehors, dans les jardins ! Et puis depuis 3 ans je souffre des conséquences d’un gros accident de bucheronnage, qui m’a valu le statut de travailleur handicapé. Ces dernières semaines je ne pouvais même plus accomplir un travail un peu physique, comme faucher ou fendre du bois. Ajoutez à ceci une météo de novembre au mois de mai, j’avais l’impression d’être à la tête d’une ferme d’orties et de limaces, mon moral n’était pas au beau fixe !

    Expérimenter cette vulnérabilité m’a fait mieux comprendre à quel point nous avons besoin les uns des autres. On n’est pas résilient tout seul ! Cette leçon de vie m’enrichit. Elle me permet d’apprécier comme autant de précieux cadeaux les petits et grands coups de main que je reçois : Lila qui a pris en charge les réseaux sociaux de la ferme et cultive les plantes aromatiques ; Adèle, merveilleuse stagiaire qui vient ponctuellement aider aux jardins ; les amis et famille de passage qui réalisent une tâche, et puis… lisez ce qui suit !

    La ferme dépend donc maintenant de la solidarité pour sa survie, tout en tentant d’épauler au mieux ceux qui nous suivent et sollicitent, par les recherches, les formations et l’essaimage. C’est une danse fragile et précaire, et cependant puissante : la danse de la Vie ?

    Accueil des permaculteurs belges

    L’association SEMISTO propose depuis peu des formations de qualité en Belgique. J’ai eu la joie d’accueillir une belle équipe de designers en forêts-jardins, leur première promotion ! Chaque participant.e porte de précieux rêves qui, mis bout à bout, pourraient à terme couvrir l’Europe de forêts nourricières ! Nous avons pu échanger ensemble deux jours durant, mais aussi dépierrer le champ de l’étang et désherber la plage.

    Chantier participatif

    La semaine passée, une bonne quinzaine d’anciens stagiaires du Bec se sont retrouvés à la ferme pour un chantier partagé. Une expérience déjà organisée en mars. Merveilleuse semaine ! Que de bonne humeur, de générosité et d’engagement, accompagnés de succulents repas ! Malgré la météo maussade, chacun.e a donné le meilleur et la ferme a été métamorphosée. Tout ou presque y est passé : la serre, l’ile jardin, le jardin des pommiers, la mini forêt-jardin, le paysage de résilience… Sans oublier la réparation de la porte des toilettes sèches, le rangement des ateliers et d’autres bricoles appréciables !

    J’étais tellement ému de cette générosité, je ne savais que dire pour les remercier !

    Une viking à la ferme

    Ma reconnaissance va tout particulièrement à Elodie Loquet, qui co-anime avec moi toutes les formations de la ferme ces dernières années avec un sérieux et un engagement sans faille, quoi qu’il arrive. Elodie est une femme viking, pas seulement pour ses cheveux blonds, mais surtout pour son courage indomptable ! On peut toujours compter sur elle, elle assure en toutes circonstances, souvent pour les tâches les plus discrètes de la vie d’un groupe, quelles que soient les difficultés qu’elle affronte ! Gratitude, Elo !

    Lila en cuisine

    Passionnée de cuisine naturelle, Lila reprend la gestion des repas pour nos formations. Editrice, jardinière et cuisinière, avec au cœur une passion pour l’art de vivre à la campagne ! On se régale !

    Visite de l’ArchiPelle

    Nombre d’internautes connaissent Brian et sa chaîne YouTube L’ArchiPelle, qui traite d’autonomie et de permaculture. Lila, qui a été pendant de nombreuses années éditrice chez Ulmer, a publié son livre : « De citadin à néo-autonomiste ». Nous avons passé avec Brian et Catherine, sa compagne, une riche journée d’échange. Brian en a sorti une vidéo fleuve de deux heures ! Elle a été beaucoup visionnée et des centaines de commentaires enthousiastes l’ont accompagné. Cela nous a permis de constater que beaucoup de personnes sont attachées à cette ferme, mais aussi que Lila est une excellente animatrice !

    Pour visionner, chercher « Autonomie et permaculture. Visite de la plus belle ferme de France » sur YouTube.

    Deux nouveaux guides Résiliences hors série

    Nous en rêvions depuis des années, Ulmer l’a fait ! Le mois dernier, nous avons eu la joie de publier deux guides Résiliences dans un nouveau format, plus grand, avec une pagination accrue. Ces hors-série accompagnent la collection de petits guides, dont la publication continue bien évidemment.

    Avec une immense fierté, je vous présente un livre majeur sur le sol, écrit par mon ami Emmanuel Bourguignon : « Prendre soin de son sol. Mieux le comprendre, le fertiliser et favoriser la vie ». Le meilleur livre sur ce sujet essentiel à ce jour ! Depuis l’enfance Emmanuel accompagne ses célèbres parents, Lydia et Claude, pédologues mondialement reconnus, dans leurs études, avant de se former et de travailler à leurs côtés au sein de leur laboratoire. Nous avons eu l’honneur de collaborer avec eux dans l’étude des terres de notre ferme, plusieurs années durant. Un jour, j’ai invité Emmanuel dans une mission que je réalisais pour un vignoble de Champagne. J’ai été stupéfait de le voir, descendu au fond d’un sondage creusé à la pelleteuse, raconter l’histoire du sol au fil des 50 dernières années avec autant de clarté que s’il lisait dans un livre, et donner des conseils avisés pour lui redonner sa vitalité perdue. Son livre n’est pas qu’une œuvre scientifique et technique, c’est avant tout un guide pratique et sensible qui passionnera jardinier.ères et paysans.nes.

    Et puis il y a le merveilleux « Cuisiner low-tech. Recettes locales et créatives pour économiser l’énergie », de Lucie Le Guen. Une nouvelle approche de la cuisine naturelle, qui sent bon le soleil, le bois, le vent, la terre ! Un livre créatif et réjouissant pour celles et ceux qui souhaitent vivre légers sur la terre, et des moissons de saveurs authentiques.

    Ces deux guides reflètent bien l’esprit de la collection Résiliences : la quête d’un art de vivre en harmonie avec le vivant, sobre, efficace et réjouissant !

    Formations en ligne

    En complément de l’édition de livres, nous sommes en train de travailler sur la création de formations en ligne, qui permettraient une initiation à la vie rurale sous tous ses aspects et une véritable immersion dans la ferme, au fil des saisons. Ces formations seront novatrices à bien des égards, tant dans leur format que dans leur diffusion, je vous en dirai plus dans quelques mois ! Leur lancement est prévu après l’été.

    Les formations en permaculture reprendront à la ferme en 2025

    Nous avons décidé de proposer à nouveau nos formations « Devenir jardinier-maraîcher » et « Microferme » en 2025. Ces cursus s’étendent sur 4 fois 3 jours à la ferme, au fil des saisons. Le programme sera en ligne au mois d’août. Je ne résiste pas à vous partager ce témoignage d’une stagiaire de l’an passé, qui vient d’arriver dans ma boite mail :

    Quand je parle de mon stage au Bec Hellouin à mes proches, je dis qu’il y a eu un avant et un après… Curieuse d’en apprendre davantage sur la permaculture, je ne réalisais pas que cette semaine allait changer ma vie ou tout du moins me conforter dans l’idée que, dans un monde plutôt chaotique, en perte de valeurs, des changements de vision étaient nécessaires.
J’ai appris bien plus que les techniques de jardinage d’un genre nouveau enseignées par Charles qui généreusement nous a partagé ses riches compétences ; j’ai vécu une expérience de fraternité, de véritable bienveillance avec des gens en quête de sens qui réfléchissent comme moi à construire un monde meilleur. Et cela fait du bien!!! Merci!
Corinne

    A bientôt donc, nous aurons mille occasions de continuer à échanger sur nos passions communes !

    Charles